
EU/ENG - Review of Mark Leonard's Surviving Chaos: Geopolitics When the Rules Fail: Navigating the Architecture of Global Disorder
Mark Leonard’s latest essayistic intervention, Surviving Chaos: Geopolitics When the Rules Fail (Polity Press), published on 24 April 2026, establishes itself within contemporary political science as a remarkably lucid, sober appraisal of the shifting liberal international order. As co-founder and Executive Director of the ECFR (European Council on Foreign Relations) — the premier pan-European think tank he has steered since its inception in 2007 —, Leonard brings the rigorous analytical apparatus of strategic research to bear on the pressing realities of contemporary geoeconomics, writing from the vantage point of one of the most discerning voices in the transatlantic debate. In this volume, he dissects the structural migration away from a rule-bound framework toward what he terms a regime of "Un-Order", offering an indispensable conceptual cartography for decoding the locus of power in the twenty-first century.
The Analytical Transition: The Sunset of Architects and the Art of the Artisan
The theoretical spine of the essay rests upon a rigorous anatomy of systemic shifts in global power, unfurling across three distinct analytical trajectories:
The Exhaustion of Normative Illusion and the "Architect" Fallacy: At the outset, Leonard deconstructs the reflexive posture of Western democracies—and of the European Union pre-eminently—historically habituated to framing foreign policy through the prism of international law, formal multilateralism, and institutional codification. "Architects" remain captive to the aspiration of erecting grand normative edifices—treaties, framework accords, universal standards—presuming a tidy global construction site where every friction yields to jurisprudence and voluntary convergence. This approach, however, fractures against the reality of a planet wherein global interdependencies have ceased to function as vectors of peace, having instead been weaponised into instruments of geoeconomic leverage (ranging from semiconductor choke points to the manipulation of supply chains).
The Ascendancy of the "Artisan" Paradigm: In sharp contrast to this rigid, defensive architecture, Leonard charts the rise of the pragmatic geopolitical "artisan"—a strategic posture exemplified most acutely by contemporary China. Artisans harbor no grand ambition to impose a totalising normative architecture or to enshrine the status quo; rather, they inhabit the chaotic fluidity of the system with agile tactical fluency. They seize immediate opportunities, improvise in real time, circumvent structural bottlenecks, and convert supply chain vulnerabilities into asymmetrical advantages. To the artisan, rules are not sacred dogmas to be preserved, but malleable tactical variables subordinated entirely to national interest.
The Strategic Imperative for Europe: The true heuristic and prescriptive weight of Leonard’s thesis lies in its admonition to the West: persisting in the role of the architect within an international milieu that rewards artisan craftsmanship consigns Europe to progressive geopolitical marginalisation. To avert this trajectory, the European Union must execute a fundamental strategic pivot, wedding the defence of its foundational values to an unsparing operational agility. This entails forging a robust playbook capable of meeting systemic pressure in kind, stepping beyond the comfort zone of legalistic rhetoric.
Prospective Synthesis: Inhabiting Disorder with Institutional Clarity
Leonard’s thesis thus successfully steers clear of both sterile catastrophism and uncritical cynicism, presenting itself as a rigorous invitation to recalibrate European statecraft directly within the crucible of systemic disorder. Far from a capitulation to the collapse of classical multilateralism, the volume operates as a lucid exercise in intellectual hygiene, relieving the continental political class from the deadweight of an unsustainable procedural dogmatism. The work neither celebrates the unbridled law of the strong nor abandons the normative ethos that defines the European project; rather, it suggests with quiet, resolute conviction that safeguarding European prosperity and democratic resilience requires something far more demanding than the preservation of an immutable past. It calls for the forging of a nimble sovereignty—one capable of navigating a ruthlessly fluid global ecosystem with both tactical audacity and steadfast coherence, thereby restoring to Europe full agency over its own strategic destiny.
Antonio De Chiara @europolitiche.it*
*This text is a review from the director of our think tank and does not constitute a journalistic article

EU/FRA - La dernière contribution essayistique de Mark Leonard, Surviving Chaos: Geopolitics When the Rules Fail (Polity Press), publiée le 24 avril 2026, s'impose dans le paysage politologique contemporain comme une analyse d'une lucidité et d'une rigueur remarquables face à la mutation de l'ordre international libéral. En tant que cofondateur et directeur exécutif de l'ECFR (European Council on Foreign Relations) — le principal think tank paneuropéen qu'il dirige depuis sa création en 2007 —, Leonard met l'appareil analytique de la recherche stratégique au service des réalités pressantes de la gé économie contemporaine, s'exprimant depuis l'une des tribunes les plus influentes du débat transatlantique. Dans cet ouvrage, il dissèque la transition structurelle qui nous éloigne d'un cadre normatif pour nous mener vers ce qu'il qualifie de régime de « non-ordre » (Un-Order), offrant ainsi une cartographie conceptuelle indispensable pour décoder les centres de pouvoir au XXIe siècle.
La transition analytique : le crépuscule des architectes et l'art de l'artisan
L'armature théorique de l'essai repose sur une radiographie rigoureuse des basculements systémiques de la puissance mondiale, qui se déploie à travers trois axes analytiques majeurs :
L'épuisement de l'illusion normative et le piège de l'« architecte » : D'emblée, Leonard déconstruit le réflexe conditionné des démocraties occidentales — et de l'Union européenne au premier chef —, historiquement habituées à penser la politique étrangère à travers le prisme du droit international, du multilatéralisme formel et de la codification institutionnelle. Les « architectes » demeurent prisonniers de l'ambition d'édifier de grandes cathédrales normatives (traités, accords-cadres, standards universels) en présumant l'existence d'un chantier mondial ordonné où chaque friction s'effacerait devant la jurisprudence et la convergence volontaire. Cette posture se fracture toutefois contre la dure réalité d'une planète où les interdépendances mondiales ne sont plus des vecteurs de paix, mais ont été militarisées pour devenir des instruments de coercition gé économique (allant des goulets d'étranglement sur les semi-conducteurs à la manipulation des chaînes d'approvisionnement).
L'essor du paradigme de l'« artisan » : En opposition frontale avec cette architecture rigide et défensive, Leonard met en lumière l'ascension de « l'artisan » géopolitique pragmatique — une posture stratégique incarnée de manière éclatante par la Chine contemporaine. Les artisans ne nourrissent aucune velléité d'imposer un système normatif global ou de sanctuariser un statu quo ; au contraire, ils épousent la fluidité chaotique du système pour y évoluer avec une parfaite agilité tactique. Ils captent l'opportunité immédiate, improvisent dans l'urgence, contournent les goulots d'étranglement et convertissent la vulnérabilité des chaînes d'approvisionnement en avantages asymétriques. Pour l'artisan, les règles ne sont pas des dogmes sacrés à préserver, mais des variables tactiques malléables entièrement subordonnées à l'intérêt national.
L'impératif stratégique pour l'Europe : La véritable portée heuristique et prescriptive de la thèse de Leonard réside dans son avertissement adressé à l'Occident : s'obstiner à jouer les architectes dans un aréopage international qui récompense l'artisanat stratégique condamne l'Europe à une marginalisation géopolitique progressive. Pour conjurer cette trajectoire, l'Union européenne doit opérer un pivot stratégique fondamental, conjuguant la défense de ses valeurs fondatrices avec une agilité opérationnelle intransigeante. Cela suppose de forger un playbook robuste, capable de répondre coup sur coup aux pressions systémiques et de s'affranchir du confort de la rhétorique juridictionnelle.
Synthèse prospective : habiter le désordre avec clarté institutionnelle
La démonstration de Leonard évite ainsi avec brio les écueils du catastrophisme stérile et du cynisme béat, se positionnant comme une invitation rigoureuse à réarmer la pensée politique européenne au cœur même du désordre systémique. Loin d'être une capitulation face à l'effondrement du multilatéralisme classique, l'ouvrage agit comme un exercice salutaire d'hygiène intellectuelle, débarrassant la classe politique continentale des scories d'un dogmatisme procédural devenu caduc. Le livre ne célèbre ni la loi du plus fort ni n'abdique l'éthique normative qui fonde le projet européen ; il suggère au contraire, avec une conviction aussi sereine qu'inébranlable, que la sauvegarde de la prospérité et de la résilience démocratique de l'Europe exige bien plus que la simple conservation d'un passé immuable. Il en appelle à l'avènement d'une souveraineté agile — capable d'arpenter un écosystème mondial impitoyablement fluide alliant audace tactique et constance axiologique —, restituant ainsi à l'Europe la pleine maîtrise de son destin stratégique.
Antonio De Chiara @europolitiche.it*
*Ce texte est une recension rédigée par le directeur de notre think tank et ne constitue pas un article journalistique

EU/ITA - l più recente contributo saggistico di Mark Leonard, Surviving Chaos: Geopolitics When the Rules Fail (Polity Press), pubblicato lo scorso 24 aprile 2026, si impone nel panorama politologico contemporaneo come una delle analisi più lucide e disincantate sulla trasformazione dell'ordine internazionale liberale. Co-fondatore e Direttore Esecutivo dell'ECFR (European Council on Foreign Relations) — il principale think tank pan-europeo guidato fin dalla sua nascita nel 2007 —, Leonard unisce al rigore della ricerca strategica la prospettiva di una delle voci più influenti del dibattito transatlantico e della geoeconomia contemporanea. In quest'opera, l'autore disseziona la transizione da un sistema regolato a quello che definisce un regime di "Un-Order" (disordine sistemico), offrendo una mappa concettuale indispensabile per decifrare le leve del potere nel XXI secolo.
La transizione analitica: il tramonto degli architetti e la via degli artigiani
Il fulcro teorico del saggio poggia su un'articolata radiografia del mutamento strutturale del potere globale, dipanandosi attraverso tre snodi analitici fondamentali:
La fine dell'illusione normativa e la sindrome degli "architetti": Nella prima fase della sua analisi, Leonard decostruisce il riflesso condizionato delle democrazie occidentali, e in particolare dell'Unione Europea, storicamente assuefatte a concepire la politica estera attraverso il prisma del diritto internazionale, del multilateralismo formale e della codificazione istituzionale. Gli "architetti" vivono nell'aspirazione costante di edificare grandi cattedrali normative — trattati, accordi quadro, standard universali — presupponendo che il mondo sia un cantiere ordinato dove ogni frizione possa essere composta tramite la giurisdizione e la convergenza volontaria. Questo approccio, tuttavia, si scontra drammaticamente con la realtà di un pianeta in cui le interdipendenze globali non sono più veicoli di pace, ma sono state militarizzate e trasformate in armi di pressione geoeconomica (dal controllo dei semiconduttori alle catene di approvvigionamento).
L'ascesa del paradigma degli "artigiani": A questo modello rigido e difensivo, Leonard contrappone l'ascesa dei pragmatici "artigiani" della geopolitica — una postura strategica che trova nella Cina contemporanea il suo interprete più emblematico. Gli artigiani non coltivano l'ambizione di imporre un sistema normativo onnicomprensivo o di cristallizzare lo status quo; al contrario, accettano la fluidità caotica del sistema e vi si muovono all'interno con spiccata flessibilità tattica. Sfruttano le opportunità del momento, improvvisano soluzioni in tempo reale, aggirano i colli di bottiglia e convertono la vulnerabilità delle catene globali in una leva di vantaggio asimmetrico. Per gli artigiani le regole non sono dogmi da custodire, ma variabili tattiche da piegare al proprio interesse nazionale.
L'imperativo strategico per l'Europa: Il valore euristico e prescrittivo della transizione analitica di Leonard risiede nel monito rivolto all'Occidente: ostinarsi a recitare la parte degli architetti in un mondo che premia l'artigianato strategico condanna l'Europa a una progressiva irrilevanza geopolitica. Per scongiurare questo scenario, l'Unione Europea deve compiere un salto copernicanico, imparando a coniugare la difesa dei propri valori fondanti con una radicale agilità operativa, sviluppando un "playbook" che sappia rispondere colpo su colpo alle pressioni sistemiche senza rifugiarsi nella pura retorica legalistica.
Abitare il disordine con consapevolezza istituzionale
La tesi di Leonard rifugge così sia dal catastrofismo sterile che dal cinismo acritico, configurandosi come un invito rigoroso a riprogettare l'azione politica europea direttamente nel cuore del disordine. Più che un manifesto di resa di fronte al collasso del multilateralismo classico, il volume si offre come un lucido esercizio di igiene intellettuale, utile a liberare il ceto politico continentale dalle scorie di un dogmatismo procedurale ormai insostenibile. L'opera non celebra la legge del più forte né abdica alla vocazione normativa che storicamente definisce l'identità dell'Unione; al contrario, suggerisce con pacata fermezza che la difesa della democrazia e del benessere europeo non passa per la sterile conservazione di un passato immutabile, ma per la capacità di forgiare una sovranità agile, capace di muoversi con spregiudicatezza tattica e coerenza valoriale in un ecosistema globale spietatamente fluido, restituendo così all'Europa la piena padronanza del proprio destino strategico.
Antonio De Chiara @europolitiche.it*
*Questo testo è una recensione del direttore del nostro think tank e non costituisce un articolo giornalistico




