EU/FRA - À un an pile de la prestation de serment du gouvernement fédéral dirigé par Alexander De Croo, intervenue le 1er octobre 2020 après la très longue crise institutionnelle consécutive aux urnes de 2019, la vie politique de la Belgique traverse une phase de consolidation délicate. La formule inédite de la coalition « Vivaldi » — qui rassemble les libéraux, les socialistes, les écologistes et les chrétiens-démocrates des deux communautés linguistiques, wallonne et flamande, qui composent le pays — continue de représenter un exercice de haute ingénierie consociative, constamment suspendu entre les urgences de la reprise économique et les traditionnelles fractures identitaires du pays.
Profil du Premier ministre Alexander De Croo
Né à Vilvorde en 1975 et membre des libéraux flamands de l'Open VLD, Alexander De Croo est issu d'une famille bien connue de la politique belge (il est le fils de l'ancien ministre et président de la Chambre Herman De Croo). Avant de se consacrer à plein temps à la politique — où il a rapidement gravi les échelons en dirigeant son parti de 2009 à 2012 et en entrant dans les gouvernements fédéraux successifs en tant que ministre (occupant notamment les ministères des Pensions, de l'Agenda numérique et des Finances) —, il a travaillé comme ingénieur commercial et conseiller stratégique.
Doté d'un profil pragmatique et libéral modéré, Alexander De Croo a lié son leadership à sa capacité à maintenir unie une alliance hétérogène et complexe telle que la « Vivaldi », misant sur une approche axée sur les résultats, le réformisme économique et l'impulsion en faveur de l'innovation numérique.
Son accession au poste de Premier ministre en 2020 s'est déroulée au terme de longues et complexes négociations en vue de former une majorité fédérale transversale, devenue indispensable pour débloquer les longs mois de blocage institutionnel qui ont suivi les élections fédérales. Sa désignation a été officialisée par le Roi des Belges, qui l'a chargé de diriger l'exécutif après le feu vert donné par les sept partis composant la coalition « Vivaldi », scellant ainsi la transition à la tête du pays.
La cohésion de la majorité et le facteur pandémique
Composé de pas moins de sept partis répartis sur l'axe nord-sud, l'exécutif De Croo a passé ces douze premiers mois d'exercice à gérer la transition sanitaire et économique liée à la pandémie de COVID-19. Si d'un côté la gestion de la campagne de vaccination a affiché des taux d'adhésion parmi les plus élevés d'Europe, de l'autre la diversité idéologique de la coalition fait de chaque passage parlementaire une négociation à géométrie variable.
Les tensions internes ne manquent pas, nourries principalement par les divergences de vision entre les exigences de rigueur budgétaire défendues par les libéraux et les revendications de dépenses sociales accrues portées par l'aile socialiste et écologiste. Néanmoins, la conscience des coûts politiques et électoraux d'une éventuelle crise gouvernementale a jusqu'ici servi de ciment, évitant des ruptures irréparables.
L'opposition et le défi nationaliste
En dehors du périmètre de la majorité, l'opposition continue de talonner l'action du gouvernement. Côté flamand, les nationalistes modérés de la N-VA (Nouvelle Alliance flamande) et la droite radicale du Vlaams Belang maintiennent une ligne de contestation ferme, reprochant à l'exécutif de pénaliser les intérêts de la Flandre et de faire preuve d'immobilisme face aux réformes structurelles de l'État. La frange nationaliste surveille de près les dossiers liés à la fiscalité et à la sécurité sociale, des thèmes historiquement sensibles dans les rapports financiers entre les régions.
Vers un automne chaud sur le front des réformes
Alors que les regards se tournent vers les mois à venir avec en perspective la préparation du budget pour 2022, le gouvernement fédéral est attendu au tournant sur des dossiers cruciaux tels que la transition énergétique (incluant le débat sur la sortie du nucléaire) et la réforme du marché du travail. C'est en particulier le ministre des Finances, le chrétien-démocrate Vincent Van Peteghem, qui se charge du dossier budgétaire. La Belgique se confirme ainsi comme un laboratoire politique en perpétuel mouvement, où la pérennité du modèle institutionnel exige un travail constant et complexe de médiation entre les différentes composantes du fédéralisme belge.
European Political Unit @europolitiche.it*
*Ce texte est une synthèse approfondie de notre think tank et ne constitue pas un article journalistique.

EU/ENG - One year to the day after the swearing-in of the federal government led by Alexander De Croo, which took place on October 1, 2020 following the very long institutional crisis that followed the 2019 elections, Belgium's political life is going through a phase of delicate consolidation. The unprecedented formula of the "Vivaldi" coalition — which brings together liberals, socialists, greens, and Christian-democrats from the two linguistic communities, Walloons and Flemings, that make up the country — continues to represent an exercise in high-level consociational engineering, constantly suspended between the urgencies of economic recovery and the country's traditional identity fault lines.
Profile of Prime Minister Alexander De Croo
Born in Vilvoorde in 1975 and a member of the Flemish liberals of Open VLD, Alexander De Croo comes from a well-known family in Belgian politics (he is the son of former minister and Speaker of the House Herman De Croo). Before dedicating himself full-time to politics — where he rapidly climbed the ranks by leading his party from 2009 to 2012 and entering subsequent federal governments as a minister (holding portfolios including Pensions, Digital Agenda, and Finance) — he worked as a commercial engineer and strategic consultant.
With a pragmatic and moderate liberal profile, De Croo has tied his leadership to his ability to hold together a heterogeneous and complex alliance like "Vivaldi," focusing on a results-oriented approach, economic reformism, and a push for digital innovation.
His rise to the post of Prime Minister in 2020 came at the end of complex negotiations to form a cross-cutting federal majority, which was necessary to break the many months of institutional deadlock following the federal elections. The appointment was formalized by the King of the Belgians, who entrusted him with leading the executive after the green light from the seven parties making up the "Vivaldi" coalition, thereby sealing the transition of power at the head of the country.
The Stability of the Majority and the Pandemic Factor
Composed of no fewer than seven parties distributed across the north-south axis, the De Croo executive spent these first twelve months in office managing the health and economic transition linked to the COVID-19 pandemic. While on the one hand the management of the vaccination campaign recorded some of the highest adhesion rates in Europe, on the other hand the ideological diversity of the coalition makes every parliamentary step a negotiation of variable geometry.
Internal tensions are not lacking, fueled mainly by differences in vision between the demands for economic rigor advocated by the liberals and the requests for increased social spending put forward by the socialist and environmentalist wing. However, awareness of the political and electoral costs of a potential government crisis has acted as a glue so far, preventing irreparable fractures.
The Opposition and the Nationalist Challenge
Outside the perimeter of the majority, the opposition continues to closely monitor the government's work. On the Flemish side, the moderate nationalists of the N-VA (New Flemish Alliance) and the radical right Vlaams Belang maintain a line of strong protest, accusing the executive of penalizing Flanders' interests and showing immobility regarding structural state reforms. The nationalist fringe is paying close attention to dossiers related to taxation and social security, historically sensitive issues in financial relations between the regions.
Towards a Hot Autumn of Reforms
While looking ahead to the coming months with the prospect of setting up the 2022 budget maneuver, the federal government is awaited at the turning point on crucial issues such as the energy transition (including the debate on the nuclear phase-out) and labor market reform. In particular, the dossier of the budget maneuver is handled by the Minister of Finance, the Christian-democrat Vincent Van Peteghem. Belgium thus confirms itself as a political laboratory in perpetual motion, where maintaining the institutional mosaic requires constant and complex mediation between the various souls of Belgian federalism.
European Political Unit @europolitiche.it*
*This text is an in-depth summary provided by our think tank and does not constitute a journalistic article.

EU/ITA - A un anno esatto dal giuramento del governo federale guidato da Alexander De Croo, avvenuto il 1° ottobre 2020 dopo la lunghissima crisi istituzionale seguita alle urne del 2019, la vita politica del Belgio attraversa una fase di delicato consolidamento. L'inedita formula della coalizione "Vivaldi" — che unisce liberali, socialisti, ecologisti e cristiano-democratici delle due comunità linguistiche, valloni e fiamminghi, che compongono il Paese— continua a rappresentare un esercizio di alta ingegneria consociativa, costantemente sospeso tra le urgenze della ripresa economica e le tradizionali faglie identitarie del Paese.
Profilo del primo ministro Alexander De Croo
Nato a Vilvoorde nel 1975 ed esponente dei liberali fiamminghi dell'Open VLD, Alexander De Croo proviene da una nota famiglia della politica belga (è figlio dell'ex ministro e presidente della Camera Herman De Croo). Prima di dedicarsi a tempo pieno alla politica — dove ha scalato rapidamente i vertici guidando il suo partito dal 2009 al 2012 ed entrando nei governi federali successivi come ministro (ricoprendo tra gli altri i dicasteri delle Pensioni, dell'Agenda Digitale e delle Finanze) —, ha lavorato come ingegnere commerciale e consulente strategico.
Profilo pragmatico e di stampo liberale moderato, De Croo ha legato la sua leadership alla capacità di tenere insieme un'alleanza eterogenea e complessa come la "Vivaldi", puntando su un approccio orientato ai risultati, al riformismo economico e alla spinta per l'innovazione digitale.
La sua ascesa alla carica di Primo Ministro nel 2020 è avvenuta al termine di una complessa trattativa per la formazione di una maggioranza federale trasversale, resasi necessaria per sbloccare il lunghi mesi di stallo istituzionale seguiti alle elezioni federali. La designazione è stata formalizzata dal Re dei Belgi, che gli ha conferito l'incarico di guidare l'esecutivo dopo il via libera dei sette partiti componenti la coalizione "Vivaldi", suggellando così il passaggio di consegne alla guida del Paese.
La tenuta della maggioranza e il fattore pandemico
Composto da ben sette partiti distribuiti sull'asse nord-sud, l'esecutivo De Croo ha speso questi primi dodici mesi di amministrazione a gestire la transizione sanitaria ed economica legata alla pandemia da COVID-19. Se da un lato la gestione della campagna vaccinale ha fatto registrare tassi di adesione tra i più alti in Europa, dall'altro la diversità ideologica della coalizione rende ogni passaggio parlamentare un negoziato a geometria variabile.
Le tensioni interne non mancano, alimentate soprattutto dalle differenze di visione tra le istanze di rigore economico sostenute dai liberali e le richieste di maggiore spesa sociale avanzate dall'ala socialista e ambientalista. Tuttavia, la consapevolezza dei costi politici ed elettorali di un'eventuale crisi di governo ha fin qui fatto da collante, impedendo strappi irreparabili.
L'opposizione e la sfida nazionalista
Fuori dal perimetro della maggioranza, l'opposizione continua a marcare stretto l'operato del governo. Sulle sponde fiamminghe, i nazionalisti moderati della N-VA (Nuova Alleanza Fiamminga) e la destra radicale del Vlaams Belang mantengono una linea di forte contestazione, accusando l'esecutivo di penalizzare gli interessi delle Fiandre e di immobilismo sulle riforme strutturali dello Stato. La frangia nazionalista osserva con particolare attenzione i dossier legati alla fiscalità e alla sicurezza sociale, temi storicamente sensibili nei rapporti finanziari tra le regioni.
Verso l'autunno caldo delle riforme
Mentre si guarda ai prossimi mesi con la prospettiva di impostare la manovra di bilancio per il 2022, il governo federale è atteso al varco su questioni cruciali come la transizione energetica (incluso il dibattito sul phase-out nucleare) e la riforma del mercato del lavoro. Ad occuparsi, in particolare, del dossier della manovra è il ministro delle finanze, il cristiano-democratico Vincent Van Peteghem. Il Belgio si conferma così un laboratorio politico in perenne movimento, dove la tenuta del mosaico istituzionale richiede una costante e complessa opera di mediazione tra le anime del federalismo belga.
European Political Unit @europolitiche.it*
*Il presente testo è una sintesi di approfondimento del nostro think tank e non costituisce un articolo giornalistico.




